Upperkut se cote sur Empire Avenue

Sur Twitter, les #hashtags mentent rarement. Au début de la semaine dernière, ma curiosité a été piquée par #EAv et #EmpireAvenue. Me faisant un devoir de m’intéresser de près à ce qui fait parler dans les réseaux sociaux, j’ai découvert un nouveau (il est toujours en version beta) réseau social : Empire Avenue.

D’emblée, le concept est intéressant. On s’y inscrit en se créant un profil pour une personne ou une organisation. Jusqu’ici, rien de nouveau sous le soleil des réseaux sociaux. La nouveauté, c’est que Empire Avenue est une sorte de marché boursier virtuel où votre profil est coté. Vous liez votre profil à vos comptes Facebook, Twitter, Flickr et autres, puis à votre blogue et au fil du temps qui passe, la valeur de vos actions fluctuent en fonction de votre influence sur le web. Les autres utilisateurs peuvent vous encourager en achetant de vos actions, ce qui a pour effet de vous faire connaître sur d’autres profils et d’augmenter la valeur de vos actions. Vous pouvez aussi élargir votre audience en achetant les actions des autres. Et ainsi du suite. L’autre particularité du réseau est que, comme l’ont fait avant lui Gmail, Google Wave et d’autres, il fonctionne par invitation seulement. Créer une fausse rareté a souvent bien marché pour se faire connaître.

Un concept sympathique et intelligent qui se démarque donc parmi les outils du web 2.0. Mais est-il pertinent d’un point de vue marketing web? Ça reste à voir. Pour un blogueur ou un start-up qui désire se faire connaître et paraître avant-gardiste, c’est assez intéressant. Mais pour une grande marque déjà bien connue, quel pourrait être l’intérêt d’avoir une cote en bourse virtuelle inférieure à sa cote en bourse réelle?

On me répondra qu’à l’instar de tous les autres réseaux sociaux, Empire Avenue permet de se faire voir et connaître. Vrai, mais tant et aussi longtemps que le réseau n’atteint pas un stade de popularité approchant celle de Facebook ou Twitter, on ne s’y fait voir et connaître que par un nombre très restreint de personnes.

Les professionnels du marketing sur les réseaux sociaux le savent : ça peut parfois être difficile de convaincre une grosse boîte de s’investir sur Facebook ou Twitter. J’ai peine à imaginer la difficulté que j’aurais à la convaincre d’embarquer sur Empire Avenue, là où sa valeur en bourse virtuelle peut chuter rapidement et surtout là où l’audience est limitée.

Bref, Empire Avenue est à mon avis un bien beau concept qui saura s’attirer les faveurs des geeks et des start-ups branchés. Cependant, et ce jusqu’à preuve du contraire, je suis loin d’être convaincu que les grosses pointures qui ont envahi Facebook et Twitter seront tentées par l’expérience.

Mais gardons l’esprit ouvert. Peut-être relirais-je cet article dans trois mois en me mordant les doigts de ne pas avoir été un visionnaire du web 2.0. Pour l’instant, Upperkut s’est inscrit sur Empire Avenue sous le « ticker » boursier UPKUT. Est-ce que ce sera utile et/ou agréable? Qui vivra verra!