Élections fédérales : qui mène sur Facebook ?

Nous revoilà en pleine saison des sondages. Les spécialistes tenteront de tracer des tendances et de tout interpréter, en décortiquant l’âme des électeurs. Les prochains jours seront riches en prédictions, en prévisions et en analyses de toutes sortes. Amusons-nous à voir si les données statistiques de Facebook sont fiables et si le microcosme est à l’image du «monde réel».

Les Canadiens divisés

D’emblée, soulignons avec surprise que le NPD y est en avance ! Il rallie en effet à sa cause 33 % des Canadiens membres des pages officielles d’un parti politique. Manifestement, le sympathique moustachu est populaire sur Facebook ! Cet avantage est néanmoins bien mince, puisque le Parti Conservateur le talonne avec 30 % des appuis, suivi de près par les Libéraux qui obtiennent un encourageant 29%.

De leur côté, le Parti Vert et le Bloc Québécois font bien piètre figure puisqu’ils n’obtiennent respectivement que de maigres 2 % et 6 % d’appuis. Il est cependant fort à parier que les appuis au Bloc se concentrent au Québec, pour des raisons évidentes, et que par conséquent, son score serait plus élevé s’il nous était possible d’isoler les données Québécoises.

Des résultats représentatifs ?

Puisque les cinq partis les plus importants y ont une page «officielle» à laquelle tous les membres du réseau peuvent adhérer, on pourrait croire à première vue que ces résultats sont représentatifs. Pourtant de nombreuses variables viennent fausser les données. Évidemment, ce qui saute aux yeux, c’est que l’échantillon ne peut être représentatif du bassin des électeurs canadiens puisque sa création est «libre». De plus, il est fort à parier que certains appuis aient été «contaminés» par un effet viral partisan généré par des réseaux politiques.

Facebook : un média incontournable

Le site de réseautage social offre la possibilité de segmenter, cibler et adapter les messages, permettant aisément d’adapter les messages en fonction des intérêts de chacun des divers groupes d’électeurs.

De plus, on trouve sur Facebook 8 411 520 adultes canadiens actifs, dont 6 114 460 sont âgés de 18 à 34 ans. Les partis polittiques ont donc indéniablement intérêt à être présents sur ce réseau social afin de constituer leurs propres sous-réseaux et le plus rapidement possible (un peu comme pour les REER, mais ça c’est une autre histoire…).

La puissance du célèbre site réside essentiellement dans les outils de réseautage social et de diffusion virale des messages. Or, bien entendu, plus importante est la communauté, plus fort sera l’effet viral. Les partis politiques – tout comme les annonceurs d’ailleurs – se doivent donc de d’accroître leur réseau social Facebook et d’atteindre leur plein potentiel de membre le plus tôt possible afin de bénéficier de l’aspect viral, durant la campagne, et pas après…

Et la conclusion ?

Bien que les données de Facebook ne peuvent être représentative des intentions de vote de l’ensemble des électeurs, nous pouvons néanmoins affirmer deux choses avec certitude :

  • ces données reflètent l’intérêt que portent les organisations politiques aux réseaux sociaux;
  • les membres du célèbre réseau social sont tout aussi éparpillés que les Québécois et les Canadiens.

Nous pourrions de même ajouter, avec certaines réserves que cet échantillon réprésente à tout le moins les appuis d’un groupe constitué aux trois quarts par des canadiens agés entre 18 et 34 ans. Intéressant…

Pour alimenter votre réflexion : voici quelques chiffres pertinents, en vrac :

Gilles Duceppe
939 personnes appuient le Bloc sur Facebook.

Stephan Harper
Sur Facebook, 12 855 personnes le supportent. Il a une présence sur Youtube, Flickr, Twitter, FriendFeed et MySpace !

Stéphane Dion
12 435 personnes l’appuient sur Facebook. Il a seulement une chaîne sur Youtube…

Jack Layton
Le plus populaire sur Facebook avec 14 300 supporters. Le NPD exploite les plates-formes 2.0 suivantes : YouTube, Flickr, FriendFeed et Twitter.

Elizabeth May (Parti Vert)
2448 supportent sa page personnelle sur Facebook.